par Michel Gaudet

 
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Toute présentation relève d’une certaine spécificité. Dans la proposition de Daniel Mourre nous considérons la présence d’un archétype et l’utilisation d’un matériau. Les deux sont rares dans une perspective d’exposition.
L’oeuf, par son excellence volumétrique, est la pérennité de l’ellipse, mais par sa nature il évoque son appétence de fécondation. Le plâtre, dérive du gypse, est lié au sol mais doit son essence au processus industriel. Il existe donc dans cette formulation la nécessité de respecter la dualité du naturel et de son émancipation : place au matériau certes, mais en lui offrant vertu nobiliaire, dépassement du fondement originel de l’oeuf, sans jamais négliger sa raison d’être.

Daniel Mourre a volontairement situé son problème, il saura en fonction de son analyse obéir à la contrainte de la matière, tout en laissant son imagination découvrir les ouvertures potentielles ainsi révélées.
Le plâtre a de la sorte été sollicité, comme l’eussent été l’argile, le bois, le métal... Sa douceur, et l’unité de ses patines, ont fait de lui l’élément premier de ces sculptures. Il fallut logiquement des études technologiques expérimentales pour parfaire sa tactilité, son éclat, donner son évidence ovoïdale. Il fut indispensable d’en imaginer les réactions plastiques en raison des échancrures, des coupes, des incisions ou des ajouts scéniques d’autres volumes.

Un univers fondé sur l’oeuf et sur le plâtre s’est affirmé au cours des recherches progressives. Un déchaînement de situations s’est alors créé. De la concentration première sur une seule pièce archétypale à l’hypothèse de créations diversifiées la démarche ne fut pas illogique, bien au contraire. Elle fut soumise à des interrogations , à des doutes, à des remises en question.
L’ampleur de la réponse est manifeste. Dans la mouvance de la sculpture contemporaine elle nous apporte un dire neuf, une originalité de la donne. A nous de la bien contempler et de la comprendre.

Cagnes sur Mer, le 13 janvier 2004
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