Daniel.André.MOURRE

Artiste Plasticien

Qu'est ce que le FINITISME dans l'art

Comme vous le savez, j'ai créé en 2023 un mouvement artistique: Le FINITISME. Il a été confirmé dans le magazine ARTENSION N°179 mai/juin 2023.
Voici le résumé ou la clef de lecture de ce mouvement: FINITISME


Comprendre l’art de DA MOURRE 


DA MOURRE (Daniel André Mourre) · Avignon, 1963 · Manifeste fondateur 2026
Et si nous étions la dernière génération à pouvoir regarder une œuvre d’art ?
C’est la question que pose le FINITISME.
Le FINITISME est un mouvement artistique fondé par DA MOURRE. Son postulat est simple, mais vertigineux : face aux risques écologiques, nucléaires et technologiques qui pèsent sur notre avenir, l’artiste choisit de faire comme si l’humanité pouvait disparaître, et de travailler depuis cette hypothèse.


Le FINITISME ne prédit pas la fin. Il n’annonce rien. Il prend au sérieux une possibilité que nous préférons ne pas regarder, et il en fait la matière même de son art.


LE CHOC FONDATEUR
Villepinte, 2010


En 2010, au salon Maison & Objet, Daniel Mourre découvre sous une moquette usée par les visiteurs une bouche d’égout marquée par leur passage. La moquette sera jetée le soir même. La bouche d’égout, elle, restera,elle portera la trace muette de l’événement. Elle est, en ce sens, le véritable monument. Ce sera l’objet-signature de toute son œuvre.


Pourquoi la bouche d’égout ?


Parce qu’elle est partout dans le monde industriel. Parce qu’on la piétine sans la voir. Parce qu’elle est le contraire d’un objet d’art, et qu’elle en devient, précisément, un objet-manifeste:
• elle a enregistré le passage de millions de pas
• elle porte la rouille, les impacts, l’usure du temps
• elle survivra à l’effondrement des civilisations


DA MOURRE en prend l’empreinte, comme l’archéologue recueille les traces d’une humanité disparue. C'est un archiviste qui archive les preuves d'une conscience qui s'est anéantie. Il déplace le regard de l'artiste d'une nouvelle manière. Il se situe en dehors de l'histoire de l'art pour en recueillir, peut-être, sa fin. 
Son art devient ainsi un art événement qui s'adresse à un regard humain et deviendra une trace ou un indice sans ce regard qui a créé l'art.


Quatre clés pour lire une œuvre de DA Daniel Mourre.


Ce qu’il faut savoir pour entrer dans l’œuvre sans passer à côté de l’essentiel.


1 Ne cherchez pas une représentation, cherchez une trace.
L’œuvre n’est pas une image du monde. C’est un fragment de son usure. La rouille, l’empreinte, l’oxydation ne sont pas des choix esthétiques : ce sont les sujets mêmes de l’œuvre.


2 La beauté est un piège :  volontaire.
Les œuvres sont délibérément belles. Cette beauté n’est ni décorative ni consolatrice : elle est un seuil. Elle retient votre regard assez longtemps pour que l’inquiétude s’installe. Vous contemplez d’abord ; vous comprenez ensuite.


3 Le titre fait partie de l’œuvre.
Chaque œuvre porte le nom du collectionneur qui l’acquiert, avec la date et le lieu. Ce n’est pas une dédicace, c’est une archive : un humain consent à inscrire son nom dans la trace, comme preuve matérielle de son passage.


4 L’artiste adopte le regard d’un archéologue du futur.
Il ne représente pas notre époque. Il la regarde comme si elle était déjà loin, comme si ses traces étaient exhumées par une intelligence venue après nous. Cette posture change tout :
ce qui nous semble banal aujourd’hui devient, dans son regard, un document anthropologique.


L’ENGAGEMENT ÉTHIQUE


L’art qui répare ce qu’il dénonce
Au-delà d’un seuil de viabilité, DA MOURRE s’engage publiquement à reverser entre 25 % et 75 % de ses revenus d’artiste à des actions de réparation écologique et sociale. L’œuvre ne se contente pas d’alerter : elle finance concrètement ce qui peut en limiter les effets.


Ce que le FINITISME n’est pas


• Ce n’est pas du pessimisme. C’est de la lucidité.
• Ce n’est pas une prédiction. C’est un exercice de pensée.
• Ce n’est pas du catastrophisme. C’est une méthode pour rester attentif.
• Ce n’est pas de la résignation. C’est un engagement — jusque dans le geste économique.


« Le FINITISME, c’est l’art qui travaille depuis la question : "que reste-t-il d’une œuvre quand il n’y a plus personne pour la voir ?", et qui transforme cette question en une
manière concrète, matérielle et éthique de faire de l’art aujourd’hui. ».

 


DEFINITION DU FINITISME: Le FINITISME est un mouvement artistique de position qui ne définit pas l’art par une forme ou un style, mais par une méthode : produire des œuvres, des archives indicielles, capables d’exister même privées de tout regard humain. 

Démarche artistique
 

 

Daniel MOURRE, dit :"D.A MOURRE" montre les dérives des sociétés humaines et la nécessité d'un changement rapide pour éviter d’arriver à des extrêmes inéluctables, et se confronter à la finitude programmée de l’Homme provoquée par une nature saccagée. Son art représente le mouvement artistique : le Finitisme.


Pour représenter l’impact de l’homme dans son environnement, D.A MOURRE a créé les séries propagations et imprégnations, à l’instar de César et de ses séries compressions et expansions. Pour soutenir sa démarche, contrairement à l’artiste Christo qui emballait les œuvres pour les montrer, Daniel Mourre déballe une bouche d’égout déposée sur une toile estampillée de son empreinte rouillée pour en montrer l’absence..

 


Pour cela, l’artiste se positionne comme un archéologue d’un futur très lointain qui découvrirait des traces et des fossiles de l'ère anthropocène.
La bouche d'égout, qui symbolise pour l'artiste la civilisation humaine industrielle, est ainsi déclinée à travers différentes techniques. Du fait de son antinomie, l’objet permet de mettre en avant les extrêmes constatés dans notre Société. Son matériau essentiel est vivant et complètement celui de la civilisation du métal: La rouille.

 


On peut voir ses œuvres comme les empreintes fossilisées d’une ère industrielle qui a perdu le sens et s’est anéantie. Les pièces qu’il donne à voir, rejoignent dans leur totale contemporanéité,  une sorte de rappel d’art primitif, un nouvel art premier post effondrement. 

 


Le public est interpellé par  l'esthétique des œuvres qui est à la hauteur de la noirceur du constat ; lorsque le visiteur s’attarde sur la technique employée, alors l’absolue cohérence de l’ensemble s’impose à eux.

Pourquoi j'ai changé de signature artistique: 

DA MOURRE — Le nom comme seuil.


Du nom civil au nom signe.
Longtemps, j’ai signé Daniel Mourre. C’était le nom de l’homme, celui de l’état civil, celui que l’on porte sans le choisir vraiment.
Mais il y a quelque temps, j’ai éprouvé le besoin de traverser cette frontière : non pas pour effacer Daniel, mais pour le condenser, le transmuter.
En supprimant la seconde syllabe de Daniel, il restait DA — une abréviation que je jugeais alors trop légère, presque séductrice, comme si le hasard de la sonorité “d’amour” venait affaiblir la gravité de ma démarche.
Je ne voyais pas encore que ce signe contenait un sens plus profond. Puis j’ai découvert que mon deuxième prénom, inscrit sur ma carte d’identité, était André. Ce détail, anodin en apparence, a soudain donné légitimité à ce DA.
Ce n’était plus une invention, mais la révélation d’un nom intérieur, déjà présent, déjà mien.
Ainsi est né DA Mourre — contraction, condensation, métamorphose.

Le signe et la finitude
Changer de signature n’est pas un geste anodin.
C’est un acte existentiel, presque performatif : il ne s’agit pas seulement de nommer, mais d’affirmer une vision du monde. Le nom DA Mourre contient en lui-même la tension fondamentale de mon œuvre.
DA évoque le don, l’élan, l’origine, en latin.
En italien, da signifie « depuis », « à partir de » — le point de départ.
Mourre résonne avec mourir du latin.
Entre ces deux pôles, se joue tout mon travail :
le don et la disparition,
la présence et son effacement,
l’amour et la finitude.
Le nom devient alors une formule symbolique, un memento : toute création naît d’un don, mais toute forme porte déjà sa propre extinction.

Le finitisme incarné
Je me définis comme un finitiste.
Non pas par pessimisme, mais par lucidité : l’homme est un être fini, et c’est cette finitude qui donne à sa vie, à son geste, à sa parole, leur densité.
L’art ne nie pas cette finitude ; il la rend visible, sensible, partageable.
Dans mes œuvres, la matière, la lumière, le temps agissent comme des métaphores de cette tension : tout ce qui naît s’efface, tout ce qui s’efface laisse trace.
Mon ancienne signature, Daniel Mourre, portait déjà ce rapport à la mort, mais elle restait biographique.
DA Mourre, elle, incarne la pensée finitiste :
elle met la finitude au cœur même du nom, dans la structure du signe.
Le nom devient un champ de forces où se rencontrent le don et le déclin.

Le spectateur et la résonance
Je ne cherche pas à adoucir mon propos, mais à le rendre plus habitable.
Le spectateur qui lit “DA Mourre” entend souvent “d’amour”.
Cette proximité sonore n’est pas un hasard : elle est le contrepoint à la gravité de “mourre”.
L’amour et la mort ne s’opposent pas : ils forment le cycle complet de l’existence.
Je souhaite que le spectateur ressente cette vibration — ni désespoir, ni consolation, mais une forme de lucidité tendre.
La conscience de la finitude n’est pas une condamnation ; c’est une manière d’aimer plus intensément ce qui passe.

Une cohérence critique
Pour un regard extérieur — celui du critique, du commissaire ou de l’historien —, ce changement de nom peut être lu comme un prolongement cohérent de ma démarche.
Comme Duchamp devenant Rrose Sélavy ou Boltanski effaçant son propre visage dans la trace, DA Mourre inscrit l’artiste dans la matière symbolique de son œuvre.
Le nom cesse d’être simple signature ; il devient matière plastique, idée active, expérience de finitude.
En signant DA Mourre, je ne signe plus seulement mes œuvres ;
je signe la condition même de l’homme qui les crée et qui s’efface.

Conclusion
Ainsi, DA Mourre n’est pas un nom nouveau, c’est une forme d’évidence.
Il ne détourne pas mon travail, il l’approfondit.
Il relie ce que je fais, ce que je dis et ce que je suis.
Il rappelle que tout geste humain est à la fois don et disparition — amour et mort.
DA Mourre : donner, aimer, mourir.
Trois verbes pour un même acte de présence.

Dans mon atelier lors de la visite de Martin BEZ, directeur de la Galerie Dock Sud à Sète. Juillet 2019